Le Waterless
Imprimer « responsable »

Le procédé d’impression Waterless, littéralement sans eau, présente aujourd’hui des performances environnementales sans précédent en offset industriel.
Voici pourquoi, après une évaluation intensive des technologies de presse disponibles, le site de l-Imprimerie s’est équipé d’une ligne de rotatives Triple-Laizes KBA
« Cortina » 6/2, l’une des plus grosses installations Waterless actuellement en service au monde.
Une technologie « haut de gamme » restée longtemps marginale
Inventé en 1979 par la compagnie japonaise Toray Industries, le procédé Waterless ne fut testé avec succès en Europe qu’à partir des années 1990, notamment par des imprimeurs suédois et allemands.
Son principe : remplacer les zones non imprimantes (appelées « non images ») des plaques Offset classiques par une fine couche de silicone : elle empêche l’encre d’adhérer et s’affranchit ainsi totalement de la solution de mouillage utilisée en offset conventionnel (notre encadré ci-contre).
La diffusion de ce procédé, face à un coût d’acquisition élevé, l’a longtemps confiné à des marchés de niche : livres d’art, ouvrages médicaux, étiquettes de parfum ou de vins, emballages pharmaceutiques…
Sa remarquable qualité d’impression le réservait habituellement à des produits à très forte valeur ajoutée.
Stopper les écueils de l’offset humide
L’offset traditionnel ou « humide », fortement consommateur d’eau, n’est pas seulement gourmand en ressources écologiques. C’est aussi un procédé d’impression très polluant à cause des additifs qu’il utilise :
- de nombreux détergents chimiques, nécessaires à l’entretien des rotatives,
- de l’huile, indispensable à leur bon fonctionnement,
- mais surtout des COV, ces composés organiques volatiles qui sont l’une des bêtes noires de l’EPA (l’Agence de Protection de l’environnement) laquelle tente d’en réduire drastiquement les émissions depuis 20 ans.
Or ces COV sont largement utilisés en offset humide, précisément dans la solution de mouillage de l’encre. C’est le cas notamment de l’isopropanol, un alcool responsable à lui-seul de 20 à 30% des émissions de COV dans les industries graphiques.
TECHNIQUE
Le Waterless en pratique
A la différence de l’offset conventionnel ou « humide » fondé sur le principe de la répulsion entre solution de mouillage et encre grasse, le Waterless repose sur l’utilisation d’une plaque offset particulière sur laquelle un matériau solide, du silicone, recouvre les zones non imprimées.
Les propriétés physico-chimiques du silicone lui procurant une énergie de surface deux fois moindre que celle de l’encre (environ 18 mN.m-1 contre 41 mN.m-1), elles empêchent l’encre d’adhérer sur ces zones et la repoussent vers les seules zones imprimantes de la plaque (couche photopolymère).
Eau et adjuvants chimiques sont ainsi totalement éliminés du processus d’impression.
Des atouts écologiques « en cascade »
Le bénéfice environnemental du waterless est incontestable : une économie d’eau qui peut atteindre plusieurs centaines de milliers de litres par an pour une imprimerie traditionnelle, et la suppression totale des adjuvants chimiques, incontournables en offset humide.
Mais le gain écologique va plus loin car ce procédé « high tech » affranchi des contraintes du « mouillage » préserve aussi le papier :
- Il réduit les pertes dues au démarrage de la presse et aux repiquages (des pertes d’autant plus lourdes pour les tirages segmentés),
- il supprime la gâche liée au réglage encre/eau de la « mise aux bonnes », réglage indispensable en offset conventionnel pour atteindre la qualité attendue,
- il élimine les pertes dues aux étirements de la bande sous l’effet de l’humidité et des risques de fan-out associés.
Pour un seul tirage, l’économie réalisée sur ces trois types de gâche peut atteindre jusqu’à 20% du papier utilisé ! Des gains qui se traduisent aussi en termes de productivité.

